lundi 26 mars 2012

heure d'été
C'est tout comme si quelqu'un venait frapper à ma porte
c'est tout comme si je répondais
"je ne suis pas là"

vendredi 16 mars 2012

mardi 13 mars 2012


tandis que je m'éloigne
(ça pourrait être Bahia,
ou Xiros
pourvu que ce soit le Sud)


Largo das Portas do Sol
(littéralement, Place des Portes du Soleil)
- une virée hasardeuse et heureuse en tramway, attrapé au vol, m'a fait dévaler puis remonter quelques collines... un café court et fort, accompagné d'une eau pétillante dont les bulles s'écrasent comme autant de petit cailloux
je crois être encore endormie, les yeux mi-clos, après un réveil catastrophique


(je ne sais plus quel jour nous sommes, ni l'heure qu'il est)...
Est-ce la fatigue accumulée / trop de vacances
ou est-ce cette ville qui vous laisse perpétuellement entre la nuit et le jour

Plus probablement, je fais semblant de dormir...


lundi 12 mars 2012

j'aime les dimanches
comme une idée de fin du monde
qui transpire dans une tasse de thé
alors je prends le temps de lire
et brode des îles qui n'ont jamais existé

dimanche 11 mars 2012

analepse

à Porto, dans une très vieille librairie - a Livraria Lello - fuyant un soleil de plomb,
à l'heure où les gens siestent,
je déambule sans être pressée entre les rayons chargés d'ouvrages colorés...
le parquet craque doucement sous mes talons jusqu'à ce que
mes pas s'arrêtent au rayon Géographie (où personne ne va, cela va sans dire).
dans un silence bienheureux je feuillette agenouillée un ouvrage sur les différentes projections cartographiques jusqu'à ce que
cette quiétude soit interrompue par des pas, lents, au loin, des pas qui semblent se rapprocher, dans ma direction ...
silence, à nouveau.
je reconnais ces chaussures et
sans quitter ma position, ne lâchant pas l'ouvrage d'entre mes mains, il s'introduit dans ma bouche silencieuse, doucement, puis accélère le mouvement.
Au bout de quelques minutes (deux ou trois peut-être), un râle semble le secouer,
le temps se suspend
le temps se répand dans ma bouche, chaudement

puis il repart, comme il est arrivé, le parquet craque à nouveau,
dehors, la vie reprend

samedi 10 mars 2012

Une part de moi voudrait partir
l'autre continue continue à écrire
je n'ai pas le courage de la réalité semble-t-il
je ne suis bonne qu'à écrire

vendredi 9 mars 2012

Ici Paris commence
ou Paris a peut-être commencé hier, sur le tarmacadam humide d'Orly, tandis que l'avion patientait afin de pouvoir stationner
-moi, je n'y tenais plus, au son assourdissant et aigu du moteur ronronnant.
La loupiote indiquait : maintenir la ceinture attachée.
Tout est suspendu comme une illusion. Je sais que de vieilles habitudes m'attendront sur le tapis de bagages, porte 2.
Les fines gouttelettes de pluie viennent doucement s'écraser contre le hublot.

Ici
Paris commence
aussi
bousculée dans le métro, je ne dis rien, laisse faire, vous pouvez m'écraser la tête contre les rails, rouler dessus, c'est pareil.
C'est violent comme les gouttelettes, un peu plus tôt, s'écrasant contre le hublot.

Ici Paris commence
encore
mon tilleul est dégueulasse et le café crie
viennent s'écraser contre mes tempes les touktouktouk indigestes de la radio
bientôt 19h, la journée n'a déjà que trop duré sommeil court insomnie jetlag puissant tellement puissant ventre frigo vides temps long temps démesurément long